En gravure en taille-douce, l’estampe est le résultat de deux phases distinctes: la création de l’image sur la plaque, puis le transfert de l’image sur le papier.

Le papier nécessite d’être coupé puis humidifié avant l’impression afin que l’encre contenue dans les tailles de la plaque soit absorbée.

Il est d’abord plongé dans un bain d’eau pendant dix minutes.

L’excès d’eau est épongé puis absorbé entre deux feuilles de buvards que l’on passe au rouleau pour accélérer le processus.

Pour être encrée, la plaque de cuivre gravée est déposée sur une plaque chauffante. Sous l’effet de la chaleur, l’huile de l’encre se liquéfie et remplit le fond des tailles. L’encre est étalée sur toute la surface à l’aide d’une spatule.

La plaque est ensuite essuyée à l’aide d’une gaze, puis de papier de soie, éliminant ainsi l’excès d’encre. L’image devient alors visible sur la plaque.

Lorsque la plaque est prête, elle est déposée sur le plateau de la presse. La feuille de papier préalablement humidifiée est placée au dessus de celle-ci. Deux larges feutres répartiront la pression sur les fibres de papier afin qu’elles s’incrustent dans les tailles et en absorbent l’encre. La presse est actionnée, le plateau avance entre deux cylindres et subit cette forte pression. Le tirage est alors terminé.

L’image imprimée est déposée sous un film plastique pour que l’encre imprègne le papier en profondeur. Enfin, l’estampe est séchée et aplatie pendant trois jours dans un cartonnier (mille-feuille d’estampes et de papiers buvard, lesté par des poids). Chaque jour, l’un des graveurs de l’atelier procède au renouvellement méthodique des buvards.

La plaque est nettoyée à l’aide de solvants, elle est prête à être réimprimée.